Le Corps Expéditionnaire

Au printemps 1780, un Corps Expéditionnaire de 5 500 hommes part de Brest sous le commandement du comte de Rochambeau. Sa composition très diversifiée lui donne une efficacité particulière : quatre régiments d’infanterie, une légion de cavalerie organisée par le duc de Lauzun et d’importants éléments d’artillerie bénéficiant des récents perfectionnements du système Gribeauval. Les fusils étaient du tout récent modèle qui allait faire les campagnes de la Révolution et de l’Empire.

Débarqué à Newport (Rhode Island) à la mi-juillet, Rochambeau prépare avec Washington la campagne de l’année suivante, tandis que La Fayette guerroie à la tête de patriotes américains en Virginie.

Le choix stratégique

Au printemps 1781, Rochambeau et Washington diffèrent sur le choix stratégique : Washington souhaite une offensive sur New York ; Rochambeau estime plus payante une action contre les forces anglaises au sud. Le choix final appartient à l’amiral de Grasse, dont le renfort est indispensable. Ce dernier opte pour un débarquement dans la baie de Chesapeake en Virginie.

La victoire de Yorktown

Les troupes du général anglais Cornwallis, harcelées par les patriotes de Virginie dans une guérilla dont La Fayette est le principal acteur, se sont repliées à Yorktown, au bord de la Chesapeake.

Cette campagne est exemplaire à divers titres :

  • C’est la première grande opération combinée (infanterie, cavalerie, artillerie, génie, marine) de l’histoire militaire, réussie par les efforts conjugués de deux peuples.
  • Les trois grands hommes en présence (Washington, Rochambeau, de Grasse) ont su tirer avec abnégation le meilleur parti de leurs talents respectifs.

L’amiral de Grasse débarque le 2 septembre les 3 000 hommes de Saint-Simon prélevés aux Antilles. Il devance la flotte anglaise dans la baie, puis l’engage et la repousse au large le 6 septembre. Venant du Nord à marches forcées, Washington et Rochambeau arrivent le 17. Le siège s’organise, les principales redoutes sont emportées le 14 octobre. Cornwallis est contraint de capituler le 19 octobre 1781. Six mille Anglais et deux mille Allemands sont désarmés, 214 pièces saisies.

Les volontaires

Le commandant Lasseray recensait environ 230 officiers ou ingénieurs venant de France et ayant combattu dans les unités américaines. Parmi eux :

Officiers des armées royales :

  • Gilbert, marquis de La Fayette
  • Pierre-Charles, major L’Enfant
  • Jean, baron de Kalb
  • Louis Le Bègue du Portail
  • Armand Tuffin, marquis de La Rouërie

Officiers d’origine étrangère au service de la France :

  • André Kosciuszko
  • Casimir, comte de Pulawski
  • Friedrich, baron de Steuben